Je veux manger ton pancréas-Yoru Sumino

Par Murielle Kannayi
10 mins Lecture
couverture je veux manger ton pancréas

Il y a tellement de choses que je voudrais dire à propos du roman Je veux manger ton pancréas de Yoru Sumino. Tellement que je ne sais pas du tout par quoi il faudrait commencer.

Je l’ai commencé il y a plusieurs jours. Peut-être une semaine d’ailleurs.
J’ai été agréablement surprise par ce que je lisais et bien que c’était addictif, je ne voulais pas en finir vite. Certains jours, je ne lisais pas plus de dix pages, d’autres je ne lisais qu’une demi-page. Il était arrivé d’ailleurs que je ne lise pas du tout mon roman.

Je veux manger ton pancréas, késako ?

J’ai choisi de lire Je veux manger ton pancréas, car l’animé m’avait énormément perturbé, chamboulé, dévasté et autres adjectifs de même nature. Je l’ai trouvé super profond, juste et incroyablement triste. Je voulais donc lire pour davantage approfondir l’expérience parce qu’un livre est très souvent mieux qu’une adaptation cinématographique. J’ai un peu hésité entre m’acquérir le roman ou les deux tomes de manga. Mais mon choix fut vite fait. Un manga ne correspondait pas à mon attente et ne saurait répondre à mon besoin. C’est ainsi que Je veux manger ton pancréas, le roman, se retrouva entre mes mains.

Je veux manger ton pancréas

Le titre peut paraître bien intriguant. Il l’est d’ailleurs. L’essence du livre est concentré en cette seule phrase et quand on achève la lecture du roman, ce titre paraît davantage comme une évidence. Aucun autre titre n’aurait pu être si juste.
Selon une ancienne pratique au Japon, à moins que ce fût une simple rumeur, si une partie de son corps était malade, on mangeait la même partie d’un animal. Les gens pensaient guérir en mangeant un foie si leur foie allait mal ou un estomac si leur estomac allait mal.

La protagoniste ici, Sakura Yamauchi, avait une maladie du pancréas et les médecins estimaient qu’il ne lui resterait pas plus d’un an à vivre.
Ce n’est pas un spoil, car vous apprendrez cela, voire pire, dès la première ligne du premier paragraphe du chapitre 1.

Tout au long du roman, on va suivre la vie de deux lycéens, Sakura Yamauchi et de celui que ses camarades avaient surnommé « Monsieur Transparent ».

Les deux adolescents vont énormément parler de mort. Cela pourrait choquer, mais j’ai trouvé que ces échanges étaient juste, profonds, réfléchis sans être trop « lourds » puisqu’il s’agit de deux ados.

Ce roman rappelle combien il est prétentieux de considérer que la mort est réservée aux vieilles personnes.

Ou encore de prendre en pitié des personnes qui sont sur le point de mourir alors que chaque jour qui passe pourrait être notre dernier. La vie, on l’a tellement tenu pour acquis qu’on oublie que notre sort ne nous appartient juste pas.
J’ai énormément apprécié la justesse avec laquelle l’auteur nous fait prendre conscience de ça. On ne tombe pas du tout dans le jugement, mais on prend conscience à travers la vie de Sakura notre protagoniste dans le roman Je veux manger ton pancréas. À travers le regard, la manière de vivre de Sakura on apprend presque à savourer chaque moment, chaque instant de la vie et c’est vraiment plaisant.

Ce livre m’a d’ailleurs fait penser à Avant toi de Jojo Moyes

L’attitude du garçon peut paraître froide au premier abord. Très froide même.
Mais si on n’y regarde bien il est resté fidèle à sa nature avec Sakura tout au long de sa vie.

Il ne l’a pas considéré comme une camarade mourante malgré le fait qu’ils parlent de mort très souvent, il ne l’a pas non plus prise en pitié.
C’est une attitude que je ne pourrai jamais avoir je pense
Il y a aura toujours cette envie d’aider l’autre, de vouloir égayer ses journées au maximum, …
Mais au fond, l’autre n’a peut-être envie que de rester normale. Et c’est bien la raison pour laquelle Sakura a passé autant de temps avec lui.
Pour lui, il n’apportait rien au reste de sa vie, mais pour elle, être avec lui équivalait à vivre ses derniers jours en faisant des choses qu’elle voudrait faire, mais être considérée comme une personne normale. Je ne sais pas trop si je suis assez explicite.

J’ai pleuré. Pas à chaudes larmes comme au moment de l’animé. J’ai serré le livre contre moi et ai laissé couler toute ma peine. J’étais très triste et super malheureuse.

Je veux manger ton pancréas. Comment dire… Ce livre n’est pas qu’une simple histoire qu’il vous faut lire. Il faut la vivre, ressentir chaque instant, chaque phrase, chaque scène.

Je finalise ma chronique des jours après avoir fini ma lecture mais les souvenirs me chamboulent encore.
C’est rare de voir développer le thème de la mort dans un roman pour ado et par des ados qui plus est.

Lisez ce livre. Il en vaut le coup.

4 Commentaires

Livres qui font pleurer : mon top 5 - Faites entrer le livre 16 août 2021 - 22:00

[…] articles Je veux manger ton pancréas-Yoru Sumino Livres qui font pleurer : mon top 5 Fière d’être moi-même ~ Gaëlle Prudencio […]

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Ulrich 16 août 2021 - 22:53

C’est encore la preuve que le livre ne se lassera jamais de traiter du visible et de l’invisible…

Succulente chronique mais avec un fond intriguant, qu’il nous faudra à tout prix accepter.

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Murielle Kannayi 16 août 2021 - 23:13

Il y a tant à découvrir avec un livre. Qu’il s’agisse de fiction ou non. On en apprend toujours.
Merci pour ton commentaire.

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Livres qui font pleurer : mon top 5 20 octobre 2021 - 12:45

[…] Enfin un livre dont la chronique est disponible sur le blog. Vous pouvez lire mon avis complet de Je veux manger ton pancréas juste ici.  […]

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